GoodNews #4 - Pourquoi méditer au travail ?

 

Ce lundi, votre GoodNews vous présente les bienfaits de la méditation au travail... 

Mais tout d’abord, tentons un effort de définition : qu’est-ce, au juste, que la méditation ? Ou plutôt, qu’est-ce que n’est PAS la méditation ?

La méditation n’est PAS la recherche d’un état d’engourdissement béat ! Elle n’est pas ça, compris ? Si vous pensiez méditer en glandouillant allongé sur un tapis les yeux fermés, c’est raté : reprenez depuis le début ! Les moines bouddhiques auraient même un fort joli mot pour qualifier votre (in)activité et vous convaincre d’y renoncer – mot à la hauteur du ridicule dans lequel on vous imagine bien, en étoile de mer, la bouche ouverte : « faire la vache » …  Ainsi, dans le cas où vous envisagiez d’unir vos forces aux nôtres pour révolutionner le bien-être en entreprise, en suggérant à votre employeur de « faire la vache », on préfère directement vous dire qu’on se passera de vous !!

La méditation, donc, a plutôt pour objectif de nous faire atteindre un état de pleine lucidité, de pleine présence à soi et au monde. Elle est dite de « pleine conscience », ou « mindfulness ». C’est un exercice mental d’attention, d’hyper lucidité, pour une hyper revitalisation et une hyper envie de passer à l’action…C’est hyper compris ?

 

Autre interrogation digne d’être traitée : d’où c’est que ça vient ?

Née quelque part et quelques siècles avant J-C, la méditation est une pratique multiséculaire qui se retrouve dans un tas de spiritualités diverses et variées : du bouddhisme zen - qui en serait à l’origine (quoique personne n’était là pour vérifier) au soufisme, en passant par l’hindouisme et le christianisme, elle a été largement répandue, adaptée, et transformée à travers les siècles et le monde. Elle fut toutefois délaissée quelques temps, et ce n’est qu’au milieu du XXème siècle, en Occident, grâce à son exportation en Californie (toujours elle…) qu’on la redécouvrit. Sa greffe dans les milieux de la contre-culture et de la Beat Generation (toujours les artistes… D’ailleurs, l’enthousiasme de John Lennon et de Yoko Ono pour la méditation - et le cannabis - est resté célèbre !), à la fin des années 1950, lui permit en effet d’obtenir le succès qu’on lui connaît aujourd’hui !

L’orientalisation des sagesses occidentales se développe depuis, et avec elle les recherches scientifiques qui tentent de démontrer les bénéfices de la méditation sur nos âmes…

Et voici donc venu, après le point culture, le point scientifique … – parce qu’on est curieux et éclectique, et surtout parce qu’on veut vraiment savoir si « la science le prouve » !

Mais soyez rassurés, chers lecteurs, car « la science le prouve » bel et bien : les avantages de la méditation de pleine conscience ont été avérés dans une étude de l’université du Wisconsin, menée par un certain Antoine Lutz (on le dit pour la forme, mais on ne sait pas qui c’est…). On vous passe les détails trop scientifiques parce qu’on n’y connaît pas grand chose, mais retenez que la méditation accroit la capacité attentionnelle, et diminue l’anxiété… En très résumé, l’activité de l’aire cérébrale liée à l’anxiété (l’amygdale cérébrale ; on vous donne le nom parce qu’il n’est pas trop barbare, une fois n’est pas coutume…) diminue fortement avec la pratique de la méditation ; tandis que l’activité de l’aire liée à l’attention (le cortex visuel et le préfrontal dorsolatéral…pardon…) augmente. « Baisse de la tension artérielle, régulation de la production d’adrénaline et de cortisone, cette régulation émotionnelle par le cerveau est l’un des effets les plus bénéfiques de la méditation » nous dit M. Lutz. (Pour davantage de détails, on vous renvoie au super article[1] de L’Obs - Méditation, les pouvoirs de l’Esprit (Hors Série, juillet-août 2015).)

Voilà, eh bien la messe est dite, non ? Parce qu’une fois présentés tous ces bénéfices, la suite de notre argumentaire sur l’importance de méditer au travail coule franchement de source ; on n’aurait presque pas besoin d’aller plus loin…

 

Mais soyons corrects : on est là pour ça ; répondons au moins au titre : Pourquoi méditer en entreprise ?

On vous prévient tout de suite qu’on ne traitera pas la question du « comment méditer en entreprise », pour vous épargner des détails d’une pertinence douteuse tels que « On peut même faire des photocopies en conscience, remarque T. C, coach de dirigeants, et mettre dans chaque geste (soulever le capot de la machine, placer les feuilles...) la totalité de sa conscience ! » Voilà, voilà… Donc, non : nous ne serons pas les apologistes de la méditation de photocopieuse.

Plutôt que comment, donc, pourquoi ?

En voilà une question idiote dont la réponse est évidente ! Pourquoi, au juste, vous brossez-vous les dents au bureau ? (Si toutefois vous vous brossez les dents au bureau… Si vous ne le faites pas encore, ressortez vite les études scientifiques du Second Empire !). Vous êtes d’accord que l’on répondrait à cette question par des trucs scientifiques convaincants sur l’hygiène bucco-dentaire… Eh bien faisons pareil, maintenant qu’on s’est farci ce petit laïus scientifique : « Parce que c’est important pour notre hygiène amygdalo-préfontalo-cérébral ! » Elémentaire, mon cher Watson !

 

Soyons sérieux une minute, et vous aurez peut-être l’impression d’avoir appris quelque chose ! Les bienfaits de la méditation au bureau sont avérés, nombreux, et réellement importants pour votre hygiène de vie…

Le bureau (= exigence, pression, fatigue) est le lieu de toutes les émotions et, bien souvent, le lieu de la contrariété et de l’anxiété. Dans ce contexte, il est essentiel de savoir réagir pour ne pas se laisser submerger, car ces états d’âme sont de mauvais guides dans la prise de décision, dans la conduite d’un projet, et même dans la réalisation de tâches plus banales.

La méditation sera l’un des moyens les plus efficaces pour apprendre à agir contre (ou malgré) toute émotion négative. Le travail de respiration notamment, fondement de la méditation, aura pour vertu de rasséréner : en agissant sur votre corps (par la respiration), vous serez en mesure d’agir sur votre esprit, car une émotion est une agitation physique, un mouvement du corps qui réagit à un stimulus agréable ou désagréable.

Ensuite, dans le cadre d’une pratique régulière, la méditation vous donnera l’occasion, trop rare à notre époque, de vous observer, de vous écouter, et, par voie de conséquence, de vous connaître. Or - vous n’ignorez pas cet adage - « savoir, c’est pouvoir » : la connaissance de soi et de ses émotions mène à la maitrise de soi.

Finalement, par la maitrise du corps et des émotions, la méditation vous apprendra à ajuster, en toutes circonstances, vos décisions et vos actions à la réalité.

Quant au gain d’attention, il vous permettra de mieux orienter votre concentration, de prioriser vos tâches et, finalement, d’être plus performant(e). Fort(e) d’une information plus pertinente, acquise avec plus de discernement et retenue avec une plus grande précision, il vous sera plus facile (ou moins difficile...) de prendre des décisions stratégiques dans un environnement complexe.

D’un point de vue collectif, enfin, la méditation de pleine conscience, dite bienveillante, en accroissant l’attention portée à votre environnement et à votre entourage, sera bénéfique à l’harmonie de votre équipe, de votre open-space, et de votre entreprise. Plus empathique, vous serez plus à-mêmes d’écouter les autres et de les comprendre, de communiquer avec eux, et de les motiver. En d’autres termes, vous serez plus à-mêmes de manager vos collaborateurs, malgré le stress. Ces derniers n’en seront que plus heureux, et bienveillants en retour.

Et finalement, quoi de mieux pour terminer sa séance de méditation qu’une petite dégustation autour d’un good corner avec des collaborateurs heureux et bienveillants ? Partager des encas sains, bios et gourmands en toute convivialité, ce sera l’assurance de garder l’esprit léger de la méditation le plus longtemps possible…

 

[1] Les vertus neurologiques de la méditation, Claire Aubé