GoodNews #6 - Le bien-être au travail


De nombreuses entreprises l’ont bien compris, le bien-être au travail contribue largement à augmenter la productivité et la créativité des employés.

 

En donnant la priorité au bien-être, beaucoup d’entreprises cherchent à déterminer si elles progressent vers leurs objectifs. Elles observent également les autres entreprises, autant par souci de comparaison que pour s’inspirer de leurs méthodes.

 

“Les gens qui sont plus heureux au travail sont plus productifs, ils sont plus impliqués, plus créatifs, plus concentrés” d’après Nic Marks, statisticien connu pour son travail sur le “Happy planet index” qui est le premier index mesurant  l’empreinte écologique, l’espérance de vie et le degré de bien-être des populations.


“La chose la plus importante que les dirigeants puissent faire est d’envoyer un message très clair à leurs employés, en leur disant qu’ils se préoccupent du bien-être global de chacun.”
En tant que stratégie d’entreprise, les efforts en matière de bien-être sont particulièrement visibles dans les environnements professionnels qui ont été spécifiquement conçus pour optimiser cet état. Pour commencer, on peut placer le bien-être dans le contexte de l’entreprise.

Qu’est ce que le bien-être ?

 

Le bien-être au sein de l’espace de travail n’est plus circonscrit par son sens archaïque de simple ergonomie, à savoir le réglage d’un siège selon la taille des personnes, un clavier bien positionné, etc. Le travail est aujourd’hui plus mobile et axé sur la collaboration et nous contraints à être actifs quasiment en permanence. Des chercheurs de Steelcase ont défini le bien-être comme la préservation d’un esprit sain dans un corps sain, dans un environnement social et matériel favorable. Ce serait cette vision du bien-être qui contribuerait à la réussite d’une entreprise.

Aucun employé d’ING à Bruxelles ne dispose d’un poste de travail qui lui est personnellement attribué. Les salariés peuvent choisir de travailler dans une diversité d’espaces, selon le type de tâche qu’ils doivent effectuer.
Grâce à des chercheurs comme Tom Rath et Jim Harter de Gallup, les dirigeants apprennent comment cette vision holistique du bien-être contribue à la réussite de leur entreprise. Ils ont mesuré la différence entre une vie épanouissante (facteurs de bien-être totalement concrétisés) et une vie de souffrance (les scores les plus faibles en matière de bien-être), ainsi que leur impact sur le résultat de l’entreprise.
 

 

Dans une étude récente réalisée par Steelcase et CoreNet Global, au moins deux tiers des sondés travaillant dans diverses industries ont affirmé que leur entreprise leur proposait des informations, ainsi qu’un encadrement et/ou des services concernant : l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, les exercices physiques, la gestion du stress, la nutrition et l’ergonomie. De nombreuses entreprises incitent leurs employés à utiliser ces programmes, via notamment des cadeaux, des polices d’assurance moins coûteuses, des congés et d’autres mesures avantageuses.
« La chose la plus importante que les dirigeants puissent faire est d’envoyer un message très clair à leurs employés, en leur disant qu’ils se préoccupent du bien-être global de chacun et qu’ils souhaitent contribuer à optimiser ce sentiment sur le long terme », affirme T. Rath. De plus en plus de dirigeants prennent en compte l’influence considérable de l’espace de travail sur le bien-être des employés. Ils ont conscience que l’environnement peut profiter à la fois aux individus et à l’entreprise.

Dans le bâtiment Quadrangle de Toronto, en Ontario, tous les employés travaillent dans un open space et ont accès à la lumière naturelle. Divers espaces clos (petits et larges) sont disponibles pour les équipes qui souhaitent se réunir ou pour les employés qui ont besoin d’un espace plus intime pour travailler seuls.
 

 

Plus de choix d’espace de travail

En proposant différent espaces de travail, mélangeant zones ouverte et fermées, espaces individuels et collaboratifs, l’accès à la lumière naturelle… Tout ces paramètres qui contribuent à offrir le choix aux employés de leur espace de travail en fonction des différentes taches.

Cela a pour conséquence d’abaisser le niveau de stress et d’élever le niveau d’énergie des individus, en renforçant leur sentiment de proximité avec les autres. Et les recherches confortent cette approche.
Dans le cadre d’une étude réalisée par l’université d’Ohio, les chercheurs ont analysé les niveaux de stress d’employés de bureau divisés en deux groupes : certains, sélectionnés au hasard, devaient travailler dans un vieux bâtiment, bas de plafond, avec une climatisation bruyante, tandis que les autres étaient accueillis dans un espace récemment rénové en open space et pourvu de Velux. Sur une période de 17 mois, les gens travaillant dans le vieux bâtiment ont manifesté davantage de stress, même lorsqu’ils ne travaillaient pas. Cette différence était suffisante pour provoquer un risque de maladie cardiovasculaire.

Une nouvelle notion d’intimité au travail


Il n’est pas question d’enfermer les gens dans des “boites” mais plutôt des espaces avec des sièges confortables individuels favorisant la concentration, des espaces partagés de détente et des salles destinées aux groupes. C’est une stratégie qui encourage la collaboration, et incite également à l’échange entre individus qui est un facteur important de bien-être.

Une étude mondiale réalisée par Gallup montre que six heures d’interactions sociales chaque jour accroissent le bien-être et diminuent le niveau de stress.
Et par exemple le nouvel environnement de travail de Boehringer Ingelheim Pharmaceuticals, dans le Connecticut, comprend des postes de travail composés de Benchs, des zones intégrant des sièges confortables, des espaces de détente, des espaces favorisant la concentration et des salles destinées à de grandes équipes. Tous ces éléments favorisent la collaboration, condition essentielle, et les échanges entre individus.
 

L’intimité est un élément important pour les coup de téléphones personnels ou discussions confidentielles et grâce à une diversité d’espace proposé les employés peuvent choisir un lieu en fonction de leurs tâches.

Une architecture inspirée des campus universitaire

Les employés du nouveau siège de Repsol, à Madrid, bénéficient des quatre bâtiments de la société pétrolière et gazière qui entourent une cour centrale, destinée au travail individuel ou en groupe, aux repas, à la relaxation et à la réflexion.
Selon l’architecte Rafael de La-Hoz, il s’agit d’un « concept de siège social horizontal » qui existait avant les campus universitaires. Leur histoire s’étend « des familles de l’Antiquité, propriétaires de cours romaines aux cloîtres médiévaux. Les gens préfèrent marcher plutôt que de monter des escaliers. C’est bien plus agréable de se promener dans un jardin que de prendre les marches ». Les espaces verts occupent un tiers de la surface totale du siège.
La structure métallique et les façades vitrées des bâtiments de quatre étages créent de la lumière et des environnements de travail spacieux. « Nous avons besoin de cette luminosité, car elle est synonyme de bonheur et de vitalité », explique R. de La-Hoz.
 

Environ la moitié des espaces de travail de Repsol est en open space (le mobilier est limité en hauteur à 1,2 m) et située près des façades. Les employés peuvent apprécier la vue sur l’extérieur et profiter de l’abondance de lumière naturelle. Les bureaux et les salles de conférences fermés sont davantage disposés au centre de chaque étage. Les espaces informels et les couloirs composent environ un quart des espaces intérieurs, avec notamment deux cafétérias, des zones de conférences ouver tes et un espace de collaboration media:scape®. Repsol a étendu sa stratégie d’espace ouvert à la notion d’accessibilité : on peut aisément effectuer un tour complet des bâtiments, sans traverser une seule porte.
Cet environnement de travail a été conçu « pour rassembler les individus », explique R. de La-Hoz. Il offre de la variété à la fois en termes de postures et de stimulations sensorielles. Il contribue au bien-être physique, intellectuel et psychologique des employés.
Le nouveau campus du siège de Repsol, à Madrid, est équipé d’une cour centrale où les employés peuvent travailler, prendre leur repas, se détendre et réfléchir.


Avantages de miser sur le bien-être :


Dans quelle mesure un espace de travail axé sur le bien-être contribue-t-il aux performances de l’entreprise ? Les dirigeants des entreprises illustrées dans ce numéro sont convaincus que l’espace de travail a un impact positif sur leur structure.
Dans la première enquête générale de Repsol, menée moins de quatre mois après le déménagement, le nouvel environnement de travail recevait une note de 7,6 sur 10. Chez BIPI, une enquête réalisée six mois après l’emménagement dans les nouveaux locaux a révélé une augmentation de productivité de 15 à 20 %. « Il est difficile de mesurer la productivité, mais nous pouvons évaluer la productivité perçue, qui se traduit par le sentiment des utilisateurs d’accomplir davantage dans le même laps de temps », affirme Michael Carneglia, directeur associé, responsable des services immobiliers et d’ingénierie.

« Le fait de montrer nos nouveaux locaux à nos nouvelles recrues et de les informer de nos méthodes de travail nous permet de franchir le dernier obstacle avant de les convaincre de venir travailler pour nous », affirme R. De Colfmaker d’ING.
Les architectes de Quadrangle ont réalisé une enquête six mois après l’installation du personnel, et les résultats ont été positifs pour la majorité des employés. Par exemple, 83 % sont satisfaits du nouvel espace de travail et selon 95 % d’entre eux, il leur permet d’être productifs et de prendre des décisions éclairées. « Nous avons constaté une forte augmentation de productivité, depuis que nous avons emménagé », affirme Susan Ruptash, directrice. Indiscutablement, les employés qui ressentent un mieux-être sont plus productifs et créatifs. Ils sont moins stressés, génèrent moins de dépenses en assurance maladie et communiquent davantage avec leurs collègues et l’entreprise. La seule question est de savoir combien cela coûte à une entreprise de ne pas se soucier du bien-être de ses employés.
Les nouveaux bâtiments d’ING intègrent une bibliothèque où les gens peuvent trouver un endroit calme pour travailler, ainsi que des salles de réunions dans l’open space, où ils peuvent échanger et collaborer.

 


La Chine : révolution du bien-être

En Chine, de grandes entreprises ont mis en place tous les jours une vraie pause déjeuner de deux heures que les employés pendant lesquelles les employés déjeunent, se reposent, font la sieste, lisent…
« La question du bien-être est très actuelle ici, en raison des problèmes de pollution atmosphérique et d’embouteillage, entre autres. Les gens sont parfaitement conscients de l’environnement dans lequel ils vivent et du niveau de qualité de l’espace qu’ils occupent. Les jeunes actifs choisissent de quitter les mégalopoles pour les villes plus petites, qui offrent une meilleure qualité de vie. Les entreprises utilisent donc des stratégies de bien-être pour attirer les employés et les fidéliser », d’après Wenli Wang chercheuse au sein de Steelcase WorkSpace Futures en Chine. La sieste de l’après-midi est une tradition en Espagne et en Amérique latine, « mais pas comme en Chine, où c’est véritablement une institution dans l’espace de travail », affirme-t-elle.

Elle a observé les pratiques de nombreuses entreprises chinoises et a constaté que les multinationales ont tendance à suivre le style de travail du pays d’origine du groupe. Chez Lenovo, géant du PC, les employés du siège à Pékin peuvent entendre une musique toutes les trois heures, pour leur rappeler de se lever et se dégourdir les jambes. Souvent, les petites entreprises invitent tout le personnel à sortir pour faire quelques exercices, afin d’accroître leur bien-être et de booster leur moral.
 

Au siège de Tencent à Shenzhen, on utilise les vents dominants pour aérer les atria et une façade en verre a été installée pour baigner de lumière naturelle tout l’intérieur du bâtiment. Des terrains de baskets et des piscines ont également été construits pour les employés. Le marché des professionnels du savoir est très tendu, selon W. Wang. « Nous manquons d’ingénieurs, de concepteurs de produits, de professionnels de la finance et d’autres experts dans différents domaines, qui sont capables d’innover. Les entreprises exploitent le bien-être comme un avantage pour les recruter et les fidéliser. »

 

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